1962

Ecole des Sables

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Cool play, nouvelle chorégraphie de Patrick Acogny

Marciano Silva Do Santos, directeur artistique de la compagnie Contempo Physical Dance, située aux Etats Unis, dans le Minesota, intéressé par la démarche chorégraphique de WAXTAAN, a fait appel à Jant-bi, pour chorégraphier une pièce. Patrick Acogny est y donc partit en résidence de création, du 6 janvier au 27 Janvier et y a élaboré, avec six danseurs, trois hommes (dont le directeur artistique) et trois femmes, la pièce Cool Play. Pour ce spectacle, Patrick Acogny s’est inspiré du sabar, en tant qu’événement festif : « J’y explore le sens de l’habillement, du paraitre des sénégalaise, l’idée de la flamboyance, de la beauté et du comportement social. Dans le cercle crée lors des « sabar », qui devient un théâtre, se déroulent les enjeux individuels et sociaux des danseurs, comme si on se déshabillait pour se mettre pratiquement à nu pour danse ».  Les danseurs de cette compagnie, bien que déjà formé aux danses afro-brésiliennes, ne connaissaient pas les danses africaines. Patrick Acogny a donné une gestuelle particulière, et construit un spectacle dans une cohérence entre sa démarche et « ce qu’ils sont aussi en tant que danseurs et personnes ». Cette manière de travailler était inédite pour eux : « Ils étaient très peu habitués a l’improvisation. Je leur ai demande d’improviser et de déconstruire les mouvements. A partir de principes, de façons de faire pour manipuler ce qu’ils apprenaient. C’était très nouveau pour eux et très énergisant d’amener leur créativité. Le principe est de partager un voyage commun ». La création Cool Play, très contemporaine et faite de rencontres entre des univers différents et complémentaires, a été mise en musique par Fabrice Bouillon Laforest, et la scénographie mise en place par Patrick Acogny utilise des chaises de couleurs primaires, alliés à des costumes très colorés, très modernes. Pour Patrick Acogny, il s’agissait aussi d’explorer « Comment l’apparence cache des choses plus intimes, montrer cette absurdité de l’apparence, et aller plus loin, au-delà des attitudes, de ces regards « en chiens de faïence », pour finalement se rendre plus vulnérable plus sensible aux autres qui eux aussi sont touchés par cette vulnérabilité, quand les corps se rejoignent. C’est une réponse des femmes à un défi de la société masculine en répondant avec sensualité à ce monde imposé par les hommes ». De la chorégraphie d’Afro-dites, pour la compagnie Jant bi, à Cool play, Patrick Acogny montre une préoccupation soutenue à la condition des femmes : « En choisissant le sabar j’étais très intéressé par la question des femmes. J’ai envie d’explorer cet aspect du sabar plus loin avec la compagnie Jant bi, cette tradition très sénégalaise de beauté qui reflète celle de l’âme, quitte à passer par des coiffures et des tenues très extravagante alors que quand on danse il y a la sueur, les corps se découvrent… Il ya une espèce de contradiction de comportement entre cette retenue et cette extravagance dans le cercle de la danse. On s’expose au regard. Par un certain érotisme les femmes expriment une revendication, comme une sorte de prise de pouvoir ».

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