Jant-bi

Les écailles de la mémoire -2008

Collaboration compagnie Urban Bush Women, New York
et Jant-bi, Sénégal

Chorégraphie de Germaine Acogny
et Jawole Willa Jo Zollar

 

En 2004, les 7 danseurs africains hommes de Jant-bi ont rencontré les 7 danseuses afro-américaines de Urban Bush Women. De là a commencé une collaboration entre les deux compagnies et les deux directrices artistiques : Germaine Acogny et Jawole Zollar. La première étape de cette collaboration a eu lieu en décembre 2005 à l’Ecole des Sables, où pendant trois semaines les deux compagnies ont travaillé et expérimenté ensemble. La prochaine étape de travail eut lieu au printemps et à l’été2007, avec la venue des danseurs africains aux Etats-Unis pour 2 résidences. Le travail de création s’est terminé en décembre 2007 à l’Ecole des Sables et la première eu lieu mi-janvier 2008 à l’Université de Gainsville en Floride suivie par une tournée américaine entre janvier et avril.

Le projet des « Ecailles de la mémoire » (The scales of memory) est né d’une longue collaboration entre les chorégraphes Jawole Jo Zollar des Etats-Unis et Germaine Acogny du Sénégal et leurs compagnies respectives – les 7 femmes d’Urban Bush Women et les 7 hommes de la Compagnie Jant-Bi – qui explorent les thèmes de la mémoire, de la résistance et de l’amour. La pièce démontre le lien viscéral entre les afro-américains et les africains, puis creuse les abîmes et les similarités du genre historique et géographique. Le programme dure 90 minutes sans entracte.

 

  Les écailles est une gracieuse, émouvante, terrible et magnifique reconnaissance de ce qui a transpiré de la condition humaine et de son histoire. Ca nous met au pied du mur, mais nous donne une énergie pour l’avenir

 

C’est un rêve qui est devenu une réalité à travers la création chorégraphique des « Ecailles de la mémoire » (The scales of memory). D’amener ensemble, de réunir l’Afrique et sa Diaspora… Par quel meilleur moyen que la danse ? Quand j’ai rencontré Jawole Zollar à l’Université de Floride à Gainesville pour la première fois en 2004, j’ai immédiatement ressenti sa force tellurique. C’est ce dont on avait besoin, je l’ai senti, pour affirmer ensemble la Negritude Contemporaine, proclamée dans les années 60 par Césaire, Damas et Senghor. Nous savions que c’était un grand challenge qui aurait besoin de plus qu’une simple chorégraphie. La confiance, l’ouverture, l’intuition, le respect, l’amour et la conscience était le peu d’ingrédients basiques dont nous avions besoin pour porter nos deux mondes ensemble. Je remercie Jawole pour avoir partagé cette formidable expérience avec moi. De toutes mes collaborations, celle-ci fut la plus complète, satisfaisante et enrichissante, une expérience que je n’oublierai jamais. Je remercie les danseurs des deux compagnies, les Urban Bush Women et Jant-Bi, pour leur patience, l’énergie, l’imagination et la participation à cette création : ils m’ont aidé à donner la vie, à travers leurs corps, à toutes les images et les émotions défilant dans ma tête qui ont été complétées avec les merveilleux sons de la création musicale du compositeur Fabrice Bouillon. Deux femmes fortes, indépendantes, quatorze danseurs formidables, un compositeur vraiment talentueux et inspiré, une costumière complètement absorbée et fascinante, un ingénieur de lumière magicien, une équipe dévouée au respect et à la chaleur humaine – quelle chance de travailler dans ces conditions ! Je remercie mon mari Helmut Vogt pour sa présence attentive et son support ainsi que la sensibilité et la générosité de tous les partenaires qui ont rendu ce projet possible.

 

A travers « Les écailles de la mémoire », nous – Germaine, Helmut, Nora, les hommes et les femmes des deux compagnies et moi – sommes parvenus à l’achèvement d’un cycle d’exploration et de collaboration qui ont inclus deux continents : nos histoires et récits collectifs et personnels ; recherche en Talahassee incluant des sites comme le « Kingsley Plantation », les églises Baptistes du sud et « the Hanging Tree » (L’arbre de potence ) ; une recherche réalisée à Gorée, au club life de Dakar et les cérémonies villageoises du Sénégal. Travailler avec son cœur et avec un compagnon de voyage est toujours un grand honneur et un privilège. Travailler à partir de la profondeur de son âme et avoir la confiance qui serait une vulnérabilité honorée demandant un travail à partir d’un lieu profond est une rare et précieuse expérience. Quand j’ai rencontré Germaine à la conférence de l’Art Contemporain à Gainesville, en Floride, j’ai su qu’il y avait une connection spéciale de cœur et d’âme comme jamais je ne l’avais ressenti ; cette amitié continue d’affirmer et d’illuminer mon épanouissement dans le voyage artistique. C’est un grand honneur et un privilège de travailler avec la puissance des femmes des Urban Bush Women, la bonté du cœur des hommes de Jant-Bi, la vision chorégraphique de Nora Chipaumire et la sagesse, la nature joyeuse et l’honnêteté d’Helmut et Germaine.

 

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